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Polémique sur la signature de l’accord de réadmission: « le Mali ne monnayera jamais sa dignité! » dixit le ministre Diop

Pour freiner le cours de la polémique autour de l’information relative à la signature d’un accord de réadmission par le gouvernement malien et l’Union européenne, les ministres des Affaires étrangères, de la coopération internationale et de l’intégration africaine et celui des Maliens de l’extérieur ont animé, une conférence de presse, pour lever toute équivoque sur cette fausse et grave accusation. C’était hier, à Koulouba.

Ont pris part à cette conférence de presse, les représentants des Corps diplomatiques accrédités au Mali dont l’ambassadeur de l’Algérie et les cadres des deux ministères de tutelle.

D’entrée de jeu, le ministre Diop a précisé que le débat sur la migration clandestine des jeunes maliens a créé naturellement un partenariat entre notre pays et l’Union européenne. Cependant, il a déploré que les jeunes maliens sur le chemin de l’exil soient confrontés à d’énormes problèmes et que beaucoup d’entre eux y laissent la vie.

«C’est cette situation qui fait de l’Union européenne, notre interlocutrice directe sur la question. L’union européenne est certes notre partenaire stratégique sur la question de migration clandestine ou irrégulière. Ce qui nous oblige à discuter avec elle sur ce problème bien précis qui nous affecte et qui affecte également ses pays membres. Des rencontres sont fréquentes entre l‘institution et notre pays, pour qu’ensemble, on trouve des solutions idoines à ce fléau. Mais le Mali n’attend jamais monnayer sa dignité, le Mali n’attend jamais monnayer la dignité de ses compatriotes à l’intérieur ni à l’extérieur pour des besoins de développement. Le Président IBK accorde une importance particulière à tous les Maliens de près ou de lion. Donc cela veut dire que ces allégations du ministre KOENDERS n’ont pas de fondement et le Mali n’a signé aucun accord ni de réadmission, ni d’identification, ni de refoulement, ni de quoi que ce soit», a-t-il déclaré d’un ton clair et précis, devant les journalistes maliens et française ; avant de pointer son doigt accusateur aux presses européennes qui sont à la base, dit-il, de la propagation de cette intoxication.

« Nous avons appris le 11 décembre, par voie des presse internationales que le Mali a signé un accord de réadmission avec l’Union européenne. Ce qui fit une surprise, en ce sens que ni le Chef de l’Etat, ni le Premier ministre, ni les ministres de tutelle, notamment mon collègue Sylla et moi, ni aucun membre du gouvernement n’étaient au courant de cette signature. Après une urgente concertation entre nous, le gouvernement a toute de suite fat un communiqué pour démentir cette information. Malheureusement, aucune presse europpénee n’a publié cette communication. Nous saluons ici la promptitude et le professionnalisme des journalistes maliens qui ont répandu cette information, via leurs différents canaux de communication sur les réseaux sociaux. Malgré tout, l’intoxication suivait son cours tout en créant une psychose chez les Maliens de l’extérieur d’abord et leurs parents qui ont cru à une catastrophe qui va leur arriver. Vu la situation, nous avons adressé une correspondance au gouvernement des Pays-Bas, exigeant un démenti du ministre de KOENDERS. Dieu merci, ce qui a été fait par une note verbale que nous avons diffusée. Et malheureusement, une fois encore cette note verbale aussi a été ignorée par la presse étrangère. Malgré tout, nous tenons à informer l’opinion nationale et internationale, qu’aucun accord n’a été signé entre le Mali et qui que ce soit. A plus forte raison avec l’Union européenne. Cette information est montée de toute pièce», a-t-il martelé.

Pour finir, le ministre DIOP a tenu à relater son propre histoire, pour convaincre les Maliens que cet accord ne sera jamais signé.

«Je suis moi-même enfant d’immigré. Je suis né au Congo Brazzaville et mon père a été expulsé en 1978. Cela a affecté beaucoup ma famille. Ce qui fait que je suis bien placé pour connaitre les difficultés que les immigrés rencontrent une fois qu’ils sont expulsés. Et puis un tel accord ne sera pas signé entre les ministres seulement. Il est envoyé d’abord à l’Assemblée nationale pour une ratification avant la signature du ministre de tutelle », a-t-il précisé.

Quant au ministre Sylla, il a rappelé que toutes les régions du Mali sont concernées par cette immigration et que le gouvernement malien veille à ce qu’aucun Malien ne soit victime de ses des aléas. Comme son collègue en charge des Affaires étrangères, M. Sylla a réitéré l’intérêt du gouvernement malien pour le bien-être de chaque Malien.

«Nous sommes tous des Maliens, entre nous, quel Malien voudrait aller attacher son homologue dans un pays étranger pour consolider une telle ou telle coopération ? », s’est-il interroger. Et d’ajouter : « S’ils disent que le gouvernement malien a signé un accord de réadmission qu’ils le montrent à l’opinion nationale et internationale. Nous voulons qu’ils nous montrent cet accord signé. Ils ne peuvent pas le montrer, car il n y a jamais eu un accord signé entre l’Union européenne et le Mali », a-t-il dit haut et fort le ministre Sylla. Ainsi, il a appelé tous les Maliens au calme.
«Je lance un appel à mes frères de l’extérieur d’être sereins. Aucun policier malien ne les refoulera manu militari, pour des questions d’irrégularités. D’autres voies et moyens sont en cours pour donner aux migrants maliens toute leur dignité. Pour l’honneur du Mali, nous n’allons pas signer de tel accord. Soyons clair», a-t-il déclaré.

En conclusion, le ministre des Affaires étrangères est revenu pour s’expliquer sur le communiqué, dont les images faisant la Une de nombreux journaux nationaux et internationaux.

Selon le chef de la diplomatie malienne, toutes les visites diplomatiques sur des questions de coopération sont sanctionnées soit par des Déclarations à la presse, soit par des communiqués.
Pour lui, ce communiqué n’est pas nouveau et le gouvernement malien n’a jamais engagé de dialogues avec l’Union européenne en catimini, ni signé quoi que ce soit en cachette.

«A chaque occasion nous avons convié la presse qui couvre nos rencontres et la signature de communiqués se font toujours devant les journalistes. Et il en sera ainsi pour toujours. Je vous garantis que le plus grand nombre de journalistes fera partie de nos entretiens avec les émissaires de l’Union européenne sur n’importe quel sujet de coopération entre notre pays et cette institution», a-t-il rassuré.

 

Source: Info-Matin

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