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Sommet du G5 Sahel à Bamako : Sanctuaire des Jihadistes, le Mali au cœur de la lutte anti-terroriste

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4ème réunion des experts de l’UE et du G5 Sahel : En attendant la force conjointe du G5 Sahel

Frappés de plein fouet par le terrorisme, les pays membres du G5 Sahel ont décidé, d’aller au delà des lamentations pour prendre le taureau par les cornes. Le thème au centre de ce Sommet, à savoir « la situation sécuritaire au Mali et son impact sur l’espace sahélien », n’était pas fortuit, le pays ayant servi de sanctuaire à plusieurs mouvements jihadistes, le dernier à avoir frappé étant Al Mourabitoune, à Gao faisant plusieurs dizaines de morts. La paix chez les voisins passe inévitablement par la paix au Mali et le recouvrement de l’intégrité territoriale. C’est à cette seule condition que le nord du Mali cessera d’être un abri et un lieu de repli pour les extrémistes de tout acabit qui sèment la terreur dans le sahel. La présence effective des quatre chefs d’Etat aux côtés du président malien s’explique par l’attention qu’ils accordent à la question sécuritaire dans leur propre pays, le Mali représentant un sanctuaire des Jihadistes, un danger qui menace le vaste Sahara en plus de la situation en Libye et le climat.

Tour à tour le Niger et le Burkina Faso avait fait savoir leur indignation face à la situation de recrudescence de l’insécurité au mali, qui s’exportait chez eux. Mohamed Bazoum, ministre nigérien de l’Intérieur et de la Sécurité publique (Invité de RFI, le mardi 18 Octobre) évoquant l’attaque de la prison de Koutoukalé, le lundi 17 Octobre 2016, à 50 km au nord-ouest de la capitale, où sont détenus de nombreux chefs islamistes, avait été formel : les assaillants viennent de « la région de Gao, très certainement, ici à notre frontière du côté d’Ansongo et d’Amboukar ». Et s’agissant de leur groupe d’appartenance, « ils appartiennent à l’ex-Mujao ou le Mujao. Il s’agit certainement de jeunes Peuls qu’instrumentalise cette organisation, dont certains des chefs ont des bases dans une forêt pas très loin de la frontière du Niger et dans des montagnes qui sont aussi dans cette zone-là ». D’autres ont pu parler d’Ansar Dine, toujours provenant du Mali. Le ministre nigérien de l’Intérieur et de la Sécurité publique Mohamed Bazoum était allé plus loin : « c’est des terroristes qui sont venus pour semer la terreur, montrer qu’ils sont forts et rechercher l’effet d’éclat. Et tant qu’il n’y aura pas de paix au Mali il n’y aura pas la paix au Niger », avait-il déclaré. Après leurs forfaits, ces assaillants se seraient repliés vers le nord Mali.

De son côté, le Burkina Faso, plus gros contributeur au sein de la force onusienne au Mali (Minusma), a souhaité à un moment donné qu’une partie de ses hommes soient redéployés à la frontière entre les deux pays afin de limiter les incursions d’éléments armés sur son territoire. « Nous avons demandé au niveau de la Minusma (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali) au Mali de pouvoir redéployer un de nos bataillons vers la frontière entre le Mali et le Burkina Faso », a déclaré dans la nuit de dimanche 5 à lundi 6 juin 2016, le président Kaboré à son retour d’un sommet de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (Cedeao). « Nous avons engagé cette discussion aussi bien avec le représentant spécial (du secrétaire général) de l’ONU à Dakar (Mohamed Ibn Chambas) mais également avec le président (malien) IBK (Ibrahim Boubacar Keïta) », a indiqué M. Kaboré, soulignant que l’objectif était de « sécuriser beaucoup plus notre frontière du Nord ». Depuis avril 2015, les attaques meurtrières à sa frontière nord avec le Mali étaient devenues fréquentes. Six personnes -trois policiers, deux gendarmes et un civil- ont été tuées dans des localités situées au nord du Burkina Faso, frontalières du Mali et du Niger depuis avril 2015, selon un décompte établi par l’AFP. Ces attaques ont culminé le 15 janvier lorsqu’un commando jihadiste a pris d’assaut plusieurs hôtels et restaurants en plein centre de Ouagadougou, tuant 30 personnes -majoritairement des étrangers- et en blessant 71. Le Burkina Faso, qui partage plus de 1.000 km de frontière avec le Mali, a déployé en 2012 un bataillon de 700 hommes pour sécuriser sa frontière avec le Mali et le Niger mais cela n’a pas empêché jusque-là les groupes armés « non identifiés » et les jihadistes de faire des incursions meurtrières. A cet effet, le thème au centre de ce Sommet, à savoir « la situation sécuritaire au Mali et son impact sur l’espace sahélien », n’est pas fortuit. La paix chez les voisins passe inévitablement par la paix au Mali et le recouvrement de l’intégrité territoriale. C’est à cette seule condition que le nord du Mali cessera d’être un abri et un lieu de replis pour les extrémistes de tout acabit qui sèment la terreur dans le sahel. La présence effective des quatre chefs d’Etat aux côtés du président malien s’explique par l’attention qu’ils accordent à la question sécuritaire dans leur propre pays et dans le Sahel.

IBK réfute l’impasse
Au cours de la conférence des chefs d’Etat, le Président IBK, reconnait que le chemin à parcourir est encore long pour une paix durable au Mali, mais refuse d’admettre que le processus de paix est dans l’impasse, malgré la recrudescence de la violence au Mali, depuis la signature de l’accord : près de 400 morts de la signature de l’accord en juillet 2015 à juillet 2016 (selon Malilink Investigative Reporting Group) ; plus de 300 morts en 2016 et plus de 100 morts déjà en 2017. Ce décompte macabre en dit long sur l’immobilisme dans la mise en œuvre de l’accord, même si le Président malien soutient que « les choses avancent malgré l’acte criminel perpétré le 18 janvier à Gao contre le Camp du MOC, par des ennemis de la paix ».

Deby, « nous pouvons faire le travail »
La priorité du G5 Sahel, selon son président sortant, Idriss Deby ITNO, c’est la mise en œuvre rapide de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger, ce qui conduit au rétablissement de l’intégralité territoriale du Mali, qui n’est pas négociable. Point n’est besoin d’épiloguer, de disserter ou de spéculer sur cette question tant la menace est non seulement réelle mais elle prend de nouvelles proportions. « Nous avons le devoir et l’obligation de nous investir davantage pour mettre hors d’état de nuire tous les groupes terroristes qui écument la bande sahélo-saharienne. Si nous n’agissons pas vite et de manière vigoureuse à la dimension de la menace, notre espace deviendra inéluctablement un sanctuaire terroriste », indique-t-il.

Deby ITNO a sollicité des Nations Unies et de la communauté internationale, les moyens logistiques et financiers et non pas les moyens humains dans le cadre de la sécurité, « nous ne demandons pas à nos amis européens d’envoyer leurs enfants mourir…faites l’économie du sang de vos soldats sur notre terre, 10 % de ces ressources nous suffit pour faire le travail», dira-t-il. Les Chefs d’Etat sont convenus, de « la mise en place immédiate de la Force Conjointe du G5 Sahel », ou sa mise en place à moyen et long terme, en prenant en compte « un mandat clair de l’Union Africaine et de l’Organisation des Nations Unies », le financement soutenu de la Force Conjointe, des règles d’engagements clairs en vue de combattre le terrorisme, le trafic de drogue et l’immigration clandestine. La Force Conjointe aura pour mandat de lutter contre le terrorisme et le crime transnational organisé.

Le président malien, Ibrahim Boubacar KEITA, succède à son homologue tchadien Idriss Deby ITNO, à la tête du G5 Sahel. Pendant deux ans, le Président malien portera le plaidoyer auprès des Nations Unies et de la communauté internationale pour que les recommandations du Sommet du G5 Sahel tenu à Bamako, le 6 février 2017, sur « la situation sécuritaire au Mali et son impact sur l’espace sahélien », atteigne ses objectifs.

B. Daou

 

Source: Le Républicain

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