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Hommage Amadou Hampâté Ba

Hommage à Amadou Hampâté Ba

Hommage  Amadou Hampâté Ba

Le 15 mai 1991, s’éteignait à Abidjan Amadou Hampâté Ba, à l’âge de 91 ans, après une vie tout entière consacrée à la réhabilitation des cultures orales africaines et au sauvetage de leurs textes les plus précieux, qu’il s’agisse de mythes, contes et légendes, d’Histoire, de poésie ou de religion traditionnelle.

Né au début de l’année 1900 à Bandiagara, Amadou Hampâté Ba, par sa naissance même, se situait au cœur de deux grands courants historiques. Par son père Hampâté, descendant d’une grande famille aristocratique peule ayant joué un rôle important dans l’Empire peul du Macina, il se rattachait à cet empire, plus tard conquis par Alhaji Umar. En revanche, par sa mère Kadidja, fille d’un maître d’initiation peule (silatigui) qui, jadis, avait tout quitté pour devenir le compagnon d’Alhaji Umar, il devait hériter des récits retraçant l’épopée d’Alhaji Umar. Lorsque le chef toucouleur Tidiani Amadou Ali Thiam, condamné à l’exil par les autorités coloniales françaises, épousa en secondes noces sa mère, il passera avec eux plusieurs années à Bougouni. Il y recevra les initiations enfantines locales, ce qui lui permettra d’accéder à une nouvelle formation traditionnelle.
Sans doute faut-il voir, dans cette confluence des différents courants historiques et traditionnels qui marqueront sa vie et auxquels s’ajoutera par la suite la dimension spirituelle islamique, l’origine de sa future vocation d’historien et de chercheur.
Amadou Hampâté Ba est un peul du clan « Baabe » du Fakala. Il se rattache par sa naissance aux Peuls du Macina et par des alliances matrimoniales de ses ascendants aux Toucouleurs.
Son grand-père maternel, Pâté Poullo était le berger du troupeau personnel d’Alhaji Umar. Pâté Poullo était un peul pasteur du clan Diallo, originaire de la région de Dienguel au Sénégal qui avait tout abandonné (parents, troupeau) pour suivre Alhaji Umar qu’il avait vu lors d’une des tournées de celui-ci au Fouta-Toro. Pâté Poullo était un silatigui, c’est-à-dire un grand maître en initiation pastorale. Il était doté de facultés hors du commun : voyant, devin, guérisseur, il connaissait le visible et l’invisible, il entendait le langage des oiseaux.
Le père de Amadou Hampâté Ba a été le seul rescapé de sa famille des massacres des Peuls opérés par les Toucouleurs après leur conquête du Macina. En effet à Sofara, Tidiani neveu et successeur d‘Alhaji Umar au Macina avait fait exécuter en une matinée quarante membres de la famille de Amadou Hampâté Ba. Seul son père Hampâté avait miraculeusement échappé parce qu’il était absent ce jour-là de la concession paternelle. Hampâté était également le fils de Aïchata Hafiz Diaba, fille du célèbre Hafiz Diaba, membre du Batu-Mawdo (Grand Conseil) de la Dina au temps de Sékou Amadou. Hafiz Diaba, de son vrai nom MohammadounAttman Ba est enterré à Diéba-Djennenkoré à l’est de Sofara.
Amadou Hampâté Ba, orphelin de père très tôt a été élevé par les Toucouleurs : dans sa première enfance par Tidiani Ali Thiam, chef de la province de Louta et par Thierno Bokar, son maître et père spirituel qui l’avait fait moqqadem de la chaîne Hamalliste.
L’armée de Tidiani au cours de l’une de ses expéditions contre les îlots de résistance peule dans le delta intérieur du Niger prit le village de Ténenkou et en ramena des prisonniers. Parmi ceux-ci figurait une très grande dame peule du Macina, Anta N’DiobdiSow, arrière-petite-fille des Hamsallah et appartenant à la famille de Sammodi, le fondateur de Diafarabé. Anta était une tante maternelle de Hampâté. C’est elle qui sera l’épouse de Pâté Poullo. De leur union naquirent six enfants dont la mère de AmadouHampâté Ba, Kadidja.

A douze ans, après le retour de sa famille à Bandiagara, alors qu’il suivait les cours d’école coranique de son maître TiernoBokar, son destin bascule : il est réquisitionné d’office pour l’école française. Il passe son certificat d’études, puis se sauve pour rejoindre sa mère, alors installé à Kati, près de Bamako.
Après quelques années d’interruption il reprend ses études à Bamako et prépare le concours d’entrée à l’Ecole Normale William Ponty, à Gorée (Sénégal). Il est admis, mais sa mère refuse de le laisser partir pour le Sénégal. Il ne peut que s’incliner et annonce aux autorités qu’il ne rejoindra pas le groupe des élèves en partance. Pour le punir de son « indiscipline », le Gouverneur l’affecte d’office au poste le plus éloigné possible, à Ouagadougou, et au plus bas degré de l’échelle administrative, en qualité d’ « écrivain temporaire à titre essentiellement précaire et révocable ». Par « écrivain », bien sûr, il fallait entendre « commis aux écritures ».
Amadou Hampâté Bâ reste onze années en Haute-Volta (actuel Burkina Faso), de 1922 à 1933. Il gravit par concours internes tous les échelons hiérarchiques alors accessibles aux indigènes et occupe même un temps les fonctions de chef de Poste de Tougan. Il profite de son passage dans les différentes régions du pays mossi pour accumuler les informations sur les traditions des ethnies locales.
Jusqu’à son départ pour la Haute-Volta, il se contentait d’enregistrer dans sa mémoire tout ce qu’il recueillait en matière de contes ou de traditions. A partir de 1922, il commence à noter systématiquement par écrit tout ce qu’il entend ou observé, constituant ainsi le début d’un énorme stock d’archives manuscrites.
En 1933, il revient au Mali. Il est affecté à Bamako en qualité de Commis d’Administration. De 1933 à 1942, il occupe le poste de Premier Secrétaire de la Mairie et, épisodiquement (sans appartenir au corps des interprètes), celui d’interprète du Gouverneur. Après plusieurs années de difficultés et de tracasseries du fait de son appartenance avec TiernoBokar à une branche de la Tidjaniyya alors mal vue des autorités coloniales françaises, la branche dite « hamalliste », il est détaché à l’IFAN de Dakar où le Professeur Théodore Monod, fondateur-directeur de cet Institut réussit à le faire nommer. Affecté à la section « Ethnologie » de l’Institut, Amadou Hampâté Ba peut enfin se consacrer à plein temps à sa vocation de chercheur.

Il effectue des missions sur le terrain presque dans tous les territoires de l’ancienne A.O.F et commence à publier de nombreux articles dans le Bulletin de l’I.F.A.N. et diverses revues africaines (Présence Africaine, Notes Africaines…).C’est alors qu’il recueille auprès de l’un des derniers grands maîtres d’initiation peule du Ferlo sénégalais Ardo Dembo, le texte initiatique Koumen qu’il publiera en 1961, dans la collection « Les Cahiers de l’Homme » avec Germaine Dieterlen. Toujours au compte de l’I.F.A.N, il sera affecté à Diafarabé au Soudan-Français auprès de Jacques Daget, alors directeur du laboratoire d’hydrobiologie de Kara. Ce qui va lui permettre de poursuivre dans le même temps une longue et minutieuse enquête de quinze années qui aboutit à la rédaction, avec Jacques Daget, de l’Empire peul du Macina (Mouton 1955, repris par les N.E.A d’Abidjan en 1984), ouvrage réalisé d’après les seules données de la tradition orale.
En 1946, pressenti par l’administration française pour se présenter aux élections comme délégué à l’Assemblée Constituante, il refuse par scrupule religieux, soucieux de ne pas occuper de poste de « commandant politique ».
En 1951, grâce à une bourse de l’Unesco, il effectue un séjour d’un an en France, au cours duquel il noue de solides amitiés dans les milieux africanistes et orientalistes de Paris.
En 1957, il est nommé Administrateur de la SORAFOM (Radiodiffusion française d’Outre-mer) pour laquelle il réalise de nombreuses émissions culturelles. La même année, il publie avec Marcel Cardaire, aux Editions Présence Africaine, un ouvrage consacré à son maître spirituel : TiernoBokar, le Sage de Bandiagara. Il préside également à la rédaction du mensuel l’Afrique en marche, où il publie de nombreux contes et récits historiques.

En 1960, Amadou Hampâté Ba fonde à Bamako sur le modèle de l’IFAN de Dakar, l’Institut des Sciences Humaines dont il assure la direction jusqu’en 1961.
Plus tard, en 1962, parce que le Mali a besoin d’une ouverture sur le port d’Abidjan à la suite de sa rupture avec le Sénégal, il accepte d’exercer momentanément les fonctions d’Ambassadeur du Mali en Côte d’Ivoire auprès de son ami Houphouët Boigny, mais il se démettra lui-même de ces fonctions en 1966, la situation s’étant normalisée entre le Mali et le Sénégal.
Il est vrai qu’entre-temps l’Unesco lui a ouvert ses portes et qu’il y trouve à exercer l’une de ses vocations essentielles : le dialogue humain. Après avoir été délégué par le Mali à la Conférence Générale de 1960, réunissant pour la première fois les représentants des pays africains nouvellement indépendants, il est élu en 1962 membre du Conseil Exécutif de l’Unesco, mandat qu’il conservera pendant huit années au cours desquelles il mènera une action inlassable pour la reconnaissance et le sauvetage des cultures orales africaines avant qu’il ne soit trop tard, ce qui l’amènera à prononcer sa célèbre phrase sur les « bibliothèques qui brûlent ».
Ce que l’on sait moins, c’est qu’il laissa dans cette Institution, sensible aux grands courants de la politique internationale, le souvenir d’un grand conciliateur, toujours soucieux de dialogue et de mutuelle compréhension, et qui avait le don de dénouer les situations les plus tendues en racontant au bon moment tel conte ou telle historiette africaine adaptés à la situation et où chacun pouvait se reconnaître sans en être blessé.
En 1965 et 1966, il participe activement, au nom de l’Unesco, à la préparation et à la tenue du colloque de Bamako de février-mars 1966 sur l’unification de la transcription des langues africaines en caractères latins, colloque au cours duquel il présente lui-même un alphabet qui sera adopté à quelques détails près.
A partir de 1970, libéré de ses fonctions de l’UNESCO, Amadou Hampâté Ba se consacre désormais à ses travaux personnels. Il produit alors une œuvre considérable.
Déjà, en 1969, la collection « Les Classiques africains » avait publié en version poétique bilingue un grand texte initiatique peul présenté, traduit et versifié par lui : Kaïdara (édité conjointement avec L. Kesteloot). Puis sortent successivement Aspects de la civilisation africaine en 1972 et, en 1973, l’Etrange destin de Wagrin, qui obtiendra le « Grand Prix Littéraire de l’Afrique noire » en 1974. Cette même année, les « Classiques africains » publient un nouveau texte initiatique peul : L’Eclat de la grande étoile (édité avec L. Kesteloot, Chr. Seydou et A. I. Sow).
Commence alors une série de publications aux nouvelles Editions Africaines d’Abidjan : en 1976, Jésus vu par un Musulman; en 1977, Petit Bodiel, conte drolatique peul à fond initiatique; en 1978, la version en prose de Kaydara. En 1984, les N.E.A. rééditent L’Empire peul du Macina, conjointement avec l’E.H.E.S.S. En 1985 paraît NjeddoDewal, mère de la calamité, grand conte féerique et fantastique peul où s’affrontent, à travers mille et une aventures, les représentants du Bien et du Mal ; et, en 1987, les N.E.A. publient La Poignée de poussière, contes et récits du Mali.
Entre temps, en 1980, Amadou Hampâté Ba publie aux Editions du Seuil (coll. « Point-Sagesse ») une nouvelle version, réécrite et complétée, de la vie de son maître : Vie et Enseignement de TiernoBokar sans parler de très nombreux articles ; il participe aussi à de nombreuses émissions de radio et de télévision, à des causeries et à des colloques à travers le monde et apporte sa contribution à des ouvrages collectifs, notamment avec son article sur « La tradition vivante » dans L’Histoire Générale de l’Afrique, Tome I (Ed. Unesco/Jeune Afrique).
Et pourtant, cette énorme production n’est que la partie visible de l’iceberg. Il reste, dans les archives d’Amadou Hampâté Ba, de très nombreux manuscrits, à exploiter portant aussi bien sur l’Histoire que sur les traditions africaines,
la littérature orale ou la spiritualité islamique, sans parler de sa production poétique personnelle en peul dont la plus grande partie reste à traduire. (Voir l’Inventaire du Fonds Amadou Hampâté Ba établi par A. I. Sow et publié chez Klincksieck en 1970).
Le premier tome de ses mémoires : Amkoullel, l’enfant peul, paru aux Editions Actes Sud en septembre 1991, a obtenu le « Grand Prix littéraire d’Afrique noire hors concours » en décembre 1991 ainsi que le « Prix des Tropiques » décerné par la C.C.C.E, (Caisse Centrale de Coopération Economique).

Quelques mois après sa disparition, un groupe d’amis proches d’Amadou Hampâté Ba résidant en France proposa au Gouvernement malien d’organiser une « Année Amadou Hampâté Ba » s’articulant autour de quatre grands projets : création à Bamako d’un Institut Amadou Hampâté Ba ; distribution de ses ouvrages dans les bibliothèques publiques et les écoles du Mali ; tenue à la fin de l’année d’un colloque international et, dans le même temps, organisation à Bamako d’un Salon international du livre et de l’édition.
L’idée fut accueillie avec un grand intérêt par le Gouvernement du Mali de l’époque (octobre 1991), mais compte tenu de ses priorités du moment, ne put donner suite et suggéra de reprendre cette initiative à titre privé.
C’est alors qu’il fut envisagé la création d’une association qui prit le nom de « Cercle Amadou Hampâté Ba ».
Dans la voie tracée par la pensée et l’action d’Amadou Hampâté Ba, l’objectif principal du Cercle était de réunir tous ceux qui, à travers le monde, oeuvrent à la sauvegarde et à la promotion des cultures de l’oralité, notamment africaines. Contribuer à une meilleure connaissance de ces cultures, en particulier par la diffusion de la pensée et de l’œuvre d’Amadou Hampâté Ba ; l’impulsion soutenue que requièrent la collecte et la conservation des traditions orales ; l’appui à la transcription de ces traditions, leur étude et leur intégration dans l’enseignement et la recherche ; l’enrichissement des bibliothèques et médiathèques en ouvrages et documents relatifs aux traditions orales africaines ; le soutien et la participation à toutes actions et manifestations visant à réhabiliter et à préserver les traditions orales ; la sensibilisation des jeunes aux valeurs culturelles d’origine ; le développement des échanges entre tous ceux qui oeuvrent au dialogue des cultures et des religions ; la publication, ou l’appui à la publication et à la diffusion des œuvres propres à favoriser ce dialogue.

Amadou Hampâté Ba nous apparaît aujourd’hui comme un des derniers représentants de ces grands hommes du savoir que l’Afrique sahélienne a toujours produits. En effet, les régions du Delta Intérieur du Niger et de la Boucle du Niger qui dès le XVIe siècle étaient de grands foyers intellectuels et religieux ont vu naître au fil des siècles des hommes remarquables par leur science et leur grande piété et dont l’intelligence extraordinaire et la mémoire prodigieuse en ont fait des hommes de grand savoir, de véritables « perles » uniques de leur temps. Mahmoud Bakhayogo, Ahmed Baba, Ahmed El BekkayKunta, Alfa NouhoumTahirou, Sékou YerkoyTalfi, Amadou Hampâté Ba sont de ceux-là.
Grand prêtre du temple de la culture africaine, Amadou Hampâté Ba est avec son compatriote FilyDabo Sissoko, le Nigérien Boubou Hama, le Mauritanien Oumar Ba, le Dahoméen Paul Hazoumé, le Sénégalais CheickhAnta Diop, de ceux qui ont le mieux expliqué la société africaine, faite de la coexistence, de l’interprétation de deux mondes : le visible et l’invisible ; l’un physique, l’autre spirituel. Véritable monument de la civilisation africaine, Hampâté Ba apporte encore plus parce qu’il dit, ce qu’il conte, que par ce qu’il écrit.

Venu avec ce siècle dont il se plaisait à dire qu’il en était le fils aîné, il est presque parti avec lui le 15 mai 1991. Avec sa disparition, l’Afrique perd certainement une de ses plus grandes bibliothèques.
Homme de la tradition orale et hériter privilégié de l’histoire et de la culture africaines, Amadou Hampâté Ba n’a cessé tout au long de sa vie, d’en recueillir et d’en transmettre les richesses qu’il a été l’un des premiers à révéler au monde occidental.

Elevé dans les pures traditions de son milieu peul, il est allé quelques années à l’école française mais a pu et a su rester imprégné par les enseignements et la philosophie de ses maîtres en particulier Tierno Bokar, homme de grande spiritualité et de sagesse musulmane et en même temps se servir – et avec quel talent – de l’écrit et de la langue française pour faire accéder africains et non-africains à son savoir traditionnel et sauver de l’oubli des trésors de la grande littérature orale africaine.
Amadou Hampâté Ba a fait de trois vertus cardinales son pain quotidien. D’abord, la tolérance qu’il a apprise de son maître TiernoBokar. Ensuite, la faim et la soif de savoir, la passion et l’admiration pour les choses de l’esprit qu’il plaçait au sommet de la hiérarchie des valeurs. Car c’est par l’esprit que l’homme est l’émule de Dieu et qu’il réussit à progresser dans le monde. Enfin la fidélité aux racines africaines sans lesquelles nous perdrons notre identité culturelle. Tel est le credo de celui qui se définit modestement comme « un éternel élève, toujours avide d’apprendre ». Amadou Hampâté Ba a été donc, bien plus qu’un écrivain, un homme de lettres, un chercheur, il a surtout été un humaniste, un modèle de tolérance et d’ouverture aux autres. Dans un monde où se multiplient les conflits les plus violents et les plus atroces, d’origine ethnique, religieuse ou nationaliste, l’exemple d’un Amadou Hampâté Ba, dont l’œuvre est toute imprégnée d’amour et de bonté et la vie constamment orientée vers la compréhension mutuelle, est plus nécessaire que jamais.

Il a toujours su faire rire en enseignant. Doté d’un fabuleux talent de conteur propre à détendre dans les instances internationales les atmosphères les plus lourdes, son humour était toujours présent dans ses propos. Il disait : « Toujours trop sérieux n’est pas très sérieux ».
Amadou Hampâté Ba mérite à notre avis, à lui tout seul un monument pour lui rendre hommage et éviter le chevauchement qui est fait avec Banzoumana Sissoko (un autre monstre sacré de la culture malienne) au niveau du Palais de la Culture et dont le nom est d’ailleurs de moins en moins évoqué. Le Palais de la Culture aurait dû être baptisé « Palais de la Culture Banzoumana Sissoko » comme c’est le cas de tous les Théâtres à travers l’Afrique et même le Mali. Cela éviterait que le nom de Banzoumana Sissoko tombe un peu dans « l’oubli ».

En ce qui concerne Amadou Hampâté Ba à défaut de voir une Université au Mali porter son nom, l’Institut des Sciences Humaines de Bamako qu’il a créé pourrait être baptisé « Institut des Sciences Humaines Amadou Hampâté Ba ».
En guise de rappel, l’année où l’Université de Dakar fut baptisée Université Cheickh Anta Diop, le nom de CheickhAnta Diop était loin de faire l’unanimité mais les Sénégalais ont su transcender leurs clivages politiques et autres…
Puisse l’esprit d’Amadou Hampâté Ba continuer de souffler sur le Mali et sur l’Afrique et plus sûrement encore dans l’atmosphère feutrée des bibliothèques où se trouvent les œuvres de cet érudit, historien, philosophe, conteur et véritable encyclopédie vivante.

Par Dr Ibrahima BARRY
Historien-Directeur de Recherche à la retraite

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Source: Le Républicain

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