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Biram Dah Abeid, Président d’initiative de Résurgence du Mouvement Abolitionniste en Mauritanie : « Sur son flanc nord, le Mali souffre de la complicité de certains gouvernements voisins avec une rébellion récurrente… »

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Un colloque international sur le « droit et l’esclavage en Afrique de l’ouest » s’est tenu à Bamako du 16 au 18 octobre 2017. Le Mauritanien, Biram Dah Abeid qui a pour cheval de bataille, l’abolition de l’esclavage dans le monde, a pris part à cette importante rencontre. A l’issue de ce colloque international, le Président d’initiative de Résurgence du Mouvement Abolitionniste en Mauritanie (IRA-Mauritanie), Biram Dah Abeid a bien voulu nous accordé une interview. Dans cette interview, il dénonce non seulement la mauvaise gouvernance dans son pays, la Mauritanie, mais aussi, il invite les Maliens à maintenir l’ordre total sur tout le territoire du Mali. « Le Mali peine à rétablir l’ordre sur l’étendue de son territoire…Sur son flanc nord, le Mali souffre de la complicité de certains gouvernements voisins avec une rébellion récurrente quasi inamovible qui représente un phénomène cancéreux », a-t-il dit. Lisez !

Pouvez-vous nous parler brièvement de votre Mouvement IRA ?

L’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA) est un mouvement crée le 23 octobre 2008 qui lutte toutes les injustices mais qui met au centre de ses activités la lutte contre l’esclavage qui est toujours pratiqué en Mauritanie et qui est érigé en système d’Etat en Mauritanie. Notre objectif est de lutter contre l’esclavage, le racisme mais aussi pour tous les autres droits, contre la torture et pour la fondation d’une société égalitaire basée sur le droit.

Dans quel cadre, vous êtes à Bamako ?

Je suis invité par l’Université de Bamako et d’autres universités comme le Centre institution partenaire qui ont organisé un Colloque international sur le « droit et l’esclavage en Afrique de l’ouest » qui s’est déroulé à Bamako entre le 16 et le 18 octobre 2017.

Comment se présente la situation politique et juridique dans votre pays, la Mauritanie ?

La situation politique en Mauritanie est particulière explosive. En ce sens que la Mauritanie est gérée depuis 1978 par des militaires qui exercent une gouvernance dictatoriale sur le peuple Mauritanien. C’est une gouvernance très teintée par le racisme ambiant, le racisme d’Etat systématique contre la majorité de la population mauritanienne, les noires. Comme vous le savez, la Mauritanie est le premier pays esclavagiste au monde. Au sein de la Mauritanie, 20% de la population sont esclaves par ascendance. Un esclavage racial, parce que c’est un esclavage par héritage, par la naissance.

Que faut-il faire pour changer la situation ?

Les choses en Mauritanie vont dans le sens d’une confrontation systématique avec un régime militaire. L’entourage du général Mohamed Abdoul Aziz s’accapare des richesses, instaure la corruption, la gabegie, instaure aussi la division entre les communautés. Il incite à l’adversité entre les différentes communautés pour se maintenir au pouvoir. A cet effet, la société civile éclairée en Mauritanie s’est organisée au sein de plusieurs mouvements dont le plus important est le Mouvement IRA-Mauritanie, un mouvement qui draine la jeunesse, l’élite éclairée, qui draine toutes les personnes qui acceptent de se dresser de manière déterminée et vigoureuse contre l’arbitraire qui s’abat sur le pays. Nous assistons à l’emprisonnement des leaders d’opinion, des opposants Mauritaniens. La société civile de notre point de vue doit restée dans la ligne de la lutte pacifique, parce que, nous pensons que nous avions eu beaucoup d’avancées en adoptant la ligne pacifique de la lutte et nous pensons que l’Etat Mauritanien est fragile qui ne peut pas supporter des secousses et des aventures. Nous pensons que nous avons démontré que cette lutte qui a pu donner un cachet populaire à l’adhésion aux principes de démocratie des droits de l’homme en Mauritanie, on doit la continuer. On a pu rendre la population, elle-même, responsable de cet engagement. Les populations se sont appropriées l’engagement contre la dictature, contre l’Etat de droit, pour l’alternance démocratique, pour la fin de l’esclavage et pour la fin du racisme en Mauritanie. Il y a aussi cette tentative du chef de l’Etat Mauritanien, Mohamed Abdoul Aziz dont les deux mandats légaux expirent mais qui voudrait tripatouiller la constitution pour avoir un troisième mandat, pour se pérenniser contre la volonté des Mauritaniens, contre la loi mère de la constitution.

Vous avez eu des démêlés avec la justice de votre pays, pouvez-vous nous en expliquer davantage ?

J’ai fait la prison trois fois dans mon pays. Je ne suis sorti de la prison qu’en mai 2016. En juillet 2016, il y’a 13 de mes amis membres du bureau de IRA-Mauritanie qui ont été arrêtés et torturés, jugés et condamnés à des peines allant de 3 à 15 ans de prison. Actuellement deux croupissent toujours en prison. IRA-Mauritanie est interdite en Mauritanie à cause de sa lutte, de sa dénonciation infatigable de l’esclavage.

Que pensez-vous de la situation actuelle du Mali ?

Je pense que la situation du Mali est difficile, en ce sens que le Mali peine à rétablir l’ordre sur l’étendue de son territoire. Je pense que sur son flanc nord, le Mali souffre de la complicité de certains gouvernements voisins avec une rébellion récurrente quasi inamovible qui représente un phénomène cancéreux, du recouvrement du Mali, de son indépendance, de sa souveraineté et de son rythme normal de développement politique et économique. Je donnerais au Maliens le conseil d’adopter la ligne de recherche continue avec fermeté de l’ordre total sur tout le territoire Malien mais avec en prime, les libertés démocratiques, les droits de l’homme et surtout l’égalité totale entre toutes les ethnies et toutes les races.

Propos recueillis par Aguibou Sogodogo

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Source: Le Républicain

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