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Edito : pré-campagne, scepticisme, espoir

 

Dans son message à la Nation, le premier magistrat de la République a donné le ton : «L’année que nous allons entamer dans quelques heures sera, à bien des égards, cruciale.» et il en a précisé la raison : «L’année 2018 (…) abritera trois grandes consultations électorales, chacune portant en elle sa charge d’incertitudes et de tensions. » Or, la situation d’ensemble ne manque pas de rappeler celle de 2012 avec la lancinante question qu’elle a inspirée à l’époque : la présidentielle prévue pour le mois d’avril aura-t-elle lieu ? Question d’autant plus pertinente que le pays subissait une agression de forces obscurantismes coalisées et ne réussissait pas à la contenir, ses forces armées et de sécurité ayant été trahies.

Mais, sur ce point, le Président de la République rassure : «Je donne ici l’assurance que toutes les élections et – plus particulièrement la présidentielle et les législatives – se tiendront dans le respect des délais constitutionnels. Le Gouvernement a reçu instruction de développer toutes les actions nécessaires pour que les citoyens maliens puissent accomplir leur devoir civique en toute quiétude.»

Déjà, il a annoncé les couleurs, ne manquant pas de lancer des piques à son opposition comme pour bien se démarquer d’elle et la renvoyer dans les cordes,  prendre une longueur d’avance : « Gare à l’imposteur, qui voudrait faire croire qu’il aurait fait mieux, s’il avait eu du peuple, un mandat qu’il n’a pas reçu. Chacun peut toujours s’inventer des qualités qu’il n’a encore jamais montrées nulle part, tant il est facile, lorsque les autres en sont encore à suer à la tâche, d’apparaître dans sa tenue immaculée, pour décerner des notes fantaisistes. A mon niveau, je suis à la tâche, je travaille, et j’assume parfaitement la difficulté d’hériter d’un pays que certains avaient plongé dans le chaos et voulaient détruire.» Avait-il besoin d’en arriver là au moment où tout plaide pour une plus forte cohésion nationale ? Où il a plus besoin de rassembler que de maintenir divisé ?

Par la suite, à travers le remaniement de l’équipe gouvernementale, il a resserré les rangs des partisans potentiels en choisissant les partis sur lesquels il entend s’appuyer pour rempiler. De la CMP, il ne paraît pas avoir cure.

Il a un bilan et entend le mettre en exergue. Ses années passées à la Présidence sont présentées comme constituant une rupture avec la période qui les a précédées. A l’entame de sa présidence, il avait déclaré : « Nous sommes tombés bien bas. » En fin de mandat, il nous prend à témoin : « Je sais donc compter sur la perspicacité de chaque Malien pour, par son propre jugement, apprécier si notre patrie inspire ou non le respect aux autres Etats. Vous avez, en vos mains, tous les éléments, pour apprécier si les Etats qui comptent sur cette planète portent, ou pas, de l’intérêt au Mali. Bref, vous savez apprécier si votre drapeau national est respecté ou quelconque, parmi les autres.»

Sur ce point, il y a lieu d’être plutôt sceptique. Aujourd’hui, le Mali inspire plus la compassion que le respect. Ce grand pays, patrie des bâtisseurs d’empires, est devenu le vieil homme malade de l’Afrique Occidentale. Il existe de Kayes à Ségou. Dépassé Ségou, c’est le sentiment d’avoir été abandonné avec des zones entières désertées par l’Etat.

A la veille des prochaines consultations électorales, deux problèmes restent posés : la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger, d’une part ; la lutte contre le terrorisme d’autre part. Leur trouver une solution nécessite que nous nous assumions pour recouvrer notre indépendance et notre souveraineté. Au nom de notre peuple, cela devrait être le socle de tout programme de gouvernement lors de la prochaine campagne pour la présidentielle, de tout programme qui se veut lueur d’espoir.

Edito pré-campagne, scepticisme, espoir

LA REDACTION

Source: Le Sursaut

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