Faits-divers

Hippodrome : Un escroc échappe de justesse au lynchage grâce à l’intervention des limiers du 3ème arrondissement

 

Les limiers du commissariat du 3ème  arrondissement ont évité de justesse, le lynchage à  Mohamed Camara, un escroc appréhendé par la foule pour flagrant délit de vol au quartier  Hippodrome I, non loin de la mosquée Babani en commune II du District de Bamako. C’était le mercredi 9 mai dernier aux environs de 17 heures.

Quadragénaire, marié et père d’un enfant, boucher de son état, Mohamed Camara n’est pas à son premier forfait. Un habitué, il avait écopé d’un an de prison ferme pour un cas similaire. À sa sortie de prison, tenté par le gain facile, il est retourné à ses anciennes amours.  Cinq (5) plaintes avaient été déposées contre lui pour vol et escroquerie portant sur des objets de valeur composés de bijoux en métal jaune, de téléphones portables et de tissus en bazin. Les auteurs de ces plaintes sont toutes des femmes. Il s’agit de Rokiatou Maïga, Awa Touré, Sadio Niakaté, Hawa Konté et Fanta Konté qui se sont toutes présentées au commissariat du 3ème  arrondissement suite à son interpellation.

Les victimes reviennent à la charge et demandent justice

«Dans la nuit du 30 mars 2018 aux environs de 21 heures, lorsque je partais chez mon oncle à l’Hippodrome non loin de notre domicile, j’ai croisé Mohamed Camara que je n’avais jamais vu auparavant. Il m’a dit qu’il cherche le domicile d’un certain Mody Diawara qui serait un maladif. Je lui ai dit que je ne connais pas cet individu. Il m’a fait croire qu’il est un marabout et qu’il veut me faire des bénédictions. Pendant que nous étions en train de discuter, un autre monsieur très mince a fait son apparition. Il a demandé à ce dernier de lui montrer également le domicile de la même personne. Lui aussi a répliqué qu’il ne le connaît pas », déclare Fanta Konté, la trentaine bien sonnée.

«Après avoir dit certaines prédictions à ce monsieur, Mohamed Camara m’a dit de lui donner mon téléphone portable de marque Samsung. Je me suis exécutée. Il m’a ensuite dit de rentrer chez moi pour lui apporter les métaux jaunes que j’ai à ma disposition. Comme s’il m’avait envoûté, je lui ai apporté trois paires de boucles d’oreille et trois mètres de basin riche. Le nommé Mohamed Camara m’a dit qu’il a déjà fait des bénédictions. Il m’a instruit de partir au bout de la rue sans regarder ni à gauche ni à droite. Je suis allée jusqu’au bout de la rue. Lorsque j’ai décidé de me retourner, j’ai été surprise de constater que lui et son compagnon avaient disparu avec mes biens », confesse la victime.

«Toutes les recherches en vue de les trouver furent vaines. C’est aujourd’hui que j’ai appris que Mohamed Camara est interpellé et conduit au Commissariat de police du 3ème Arrondissement pour des cas similaires. Je suis plus que formelle, c’est lui et son compagnon qui m’ont soutiré mon argent. Je demande à entrer en possession de mes biens et que justice soit faite », a-t-elle insisté lors de son audition à la police.

«Dans la journée du 9 mai dernier, aux environs de 16 heures, j’étais en train de me promener aux alentours de notre domicile à l’hippodrome I. Entre temps, deux jeunes hommes sur deux motos Djakarta se sont présentés à moi, ils m’ont fait savoir qu’ils cherchent le domicile d’un certain Mody Diawara. Je leur ai dit que je ne connais pas ce monsieur. Ils m’ont fait croire qu’ils sont des marabouts et qu’ils peuvent me faire des bénédictions. Puisque j’étais pressée, je leur ai dit que je n’en ai pas besoin. Malgré ce refus, ils ont continué à me suivre », dénonce Sadio Niakaté, âgée de 20 ans, une autre victime de Mohamed Camara.

«A ma grande surprise, ce dernier a arraché mon téléphone portable dans ma main. J’ai crié au voleur! Ils ont fui. Au cours de leur fuite, ils ont été pourchassés par des passants. C’est lui qui a été appréhendé et conduit à la police pour vol à l’arrachée. J’ai pu récupérer mon téléphone portable sur le lieu des faits », a-t-elle expliqué à la police.

Le nom Mody Diawara comme prétexte

«Il y a environ quatre ans, étant dans une rue à l’Hippodrome, un monsieur très mince m’a approché pour me demander le domicile d’un certain Mody Diawara. Il m’a dit qu’il est venu rendre visite à ce denier qui est malade. J’ai répliqué en lui disant que je ne connais personne de ce nom. Malgré tout, il a continué à insister. Quelques instants plus tard, un autre monsieur qui serait son complice nous a rejoints. Même interrogation. Ensuite Mohamed nous a dit qu’il est un marabout et qu’il est en mesure de me faire des bénédictions. Par des propos convaincants, je lui ai remis mon téléphone portable et ils ont disparu. Il s’agit d’un téléphone portable de marque Samsung », a expliqué la victime Hawa Konté, 29 ans, domiciliée à l’hippodrome.

«Le 11 décembre 2017 aux environs de 19 heures, j’ai quitté l’école pour me rendre chez moi à l’Hippodrome I. J’ai rencontré deux individus sur une moto Djakarta en cours de chemin dont Mohamed Camara. Ils m’ont dit qu’ils sont les fils d’un marabout de Djenné. J’ai répliqué que je ne connais pas ce marabout à fortiori ses fils. J’ai rebroussé chemin. Lorsque je suis arrivée chez moi, j’ai été surprise de voir les mêmes individus. Comme s’ils m’ont hypnotisée, je suis entrée dans ma chambre où j’ai pris deux ensembles de colliers en métal jaune et je leur ai remis. C’est juste après leur départ que je me suis rendue compte de l’acte que je venais de poser. Je vous jure que c’est lui ici présent et son compagnon qui m’ont soustrait mes biens. La valeur marchande de mes bijoux s’élève à un million FCFA », a indiqué Awa Touré, 23 ans.

L’escroc finit par craquer

Lors de son interrogation à la police, Mohamed Camara, n’ayant pas d’autres alternatives, vu le nombre de plaintes déposées contre lui, craque et reconnaît les faits en partie.

« Je suis un escroc et je cumule cette pratique avec la boucherie. J’évolue avec un certain Cheick. J’ai été appréhendé et condamné par le Tribunal de Grande Instance de la Commune V du District de Bamako à un an de prison ferme pour la date allant du 21 Avril 2017 au 27 Avril 2018. Mais mon acolyte Cheick a pu s’échapper. Juste après ma mise en liberté, j’ai décidé de cesser avec cette pratique au profit de la boucherie. Puisque je n’avais pas assez d’argent, j’ai renoué mes relations avec Cheick afin d’avoir un fonds de commerce », a-t-il reconnu.

« C’est ainsi qu’il y a  deux semaines, nous sommes allés à Moribabougou pour opérer. Arrivés là-bas, j’ai devancé mon compagnon pour rentrer en contact avec une femme que nous avons aperçue plus loin. Une fois à ses côtés, je lui ai demandé de m’indiquer chez Mody Diawara, une personne fictive. La dame m’a répondu qu’elle ne le connaît pas. Alors, je lui ai fait croire que je suis un marabout et que je peux lui faire des bénédictions afin qu’elle ait beaucoup d’argent. Entre temps, Cheick a donc fait semblant de nous dépasser. Je me suis adressé à lui en faisant des prédictions pour convaincre notre proie. Ensuite, j’ai dit à la dame de m’apporter tout ce qu’elle a dans sa chambre comme argent. Elle s’est  exécutée en nous apportant une somme de 250.000 FCFA. Je lui ai donc dit que les bénédictions ont été formulées, qu’elle peut aller à la maison sans se retourner. Quand elle s’est exécutée, nous sommes partis avec son argent », a-t-il déclaré  à la police. Avant d’évoquer le cas d’une autre dame à Djelibougou quelques jours après, à qui ils ont soutiré une importante somme.

«Une semaine plus tard, nous avons tenté la même pratique contre une autre dame à l’Hippodrome I. Mais ce coup a échoué. Pour la dernière opération, qui fait l’objet de mon arrestation, Cheick et moi chacun sur sa moto, sommes partis à l’Hippodrome I non loin de la ‘’Mosquée Babani’’ dans le but d’arnaquer les dames. Dans la rue, nous avons aperçu une dame qui tenait son téléphone portable dans sa main. Je l’ai approché pour lui dire que je suis à la recherche du domicile d’un certain Mody Diawara. Elle m’a répondu qu’elle ne le connaît pas. Lorsque nous étions en train de discuter, Cheick est venu à vive allure lui arracher son téléphone portable. Elle a crié au voleur. Une immense foule s’est ruée sur nous. Nous avons pris la fuite. Cheick a pu s’échapper, j’ai été appréhendé. Certains disaient de me brûler vif et d’autres ont commencé à me frapper à l’aide des bâtons. Heureusement pour moi, un policier qui passait dans les parages a fait une intervention judicieuse. C’est ainsi que j’ai eu la vie sauve», a-t-il détaillé.

A noter qu’il a été également découvert sur lui lors de sa fouille, deux pièces de trois pagnes, du cannabis. Et une moto Djakarta correspondant au numéro LP5XCHLC4X*H0833785* a été saisie par la police. Mohamed Camara a été déféré à la prison centrale avant sa comparution devant le Tribunal de Grande Instance de la commune II de Bamako.

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A suivre.

Moussa Sékou Diaby

Source: Tjikan 

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