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Syrie: qui est Hayat Tahrir al-Cham?

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Des combattants du groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham s'entraînent dans la province d'Idleb, dernier bastion insurgé dans le nord de la Syrie, le 14 août 2018 / © AFP/Archives / OMAR HAJ KADOUR

Les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS), qui contrôlent la majorité de la province d’Idleb, sont appelés à se retirer d’ici lundi des régions qui doivent former la future « zone démilitarisée » selon un accord russo-turc.

Cet accord, conclu le 17 septembre, a permis d’éviter pour le moment une offensive du régime contre ce dernier grand fief rebelle et jihadiste en Syrie, situé dans le nord-ouest, à la frontière turque.

Le groupe HTS a souvent changé de nom mais le noyau dur a été formé par l’ex-branche syrienne d’Al-Qaïda. Il a toujours été exclu des trêves et cessez-le-feu parrainés par l’ONU ou la Russie dans le pays en guerre.

– Qui est le groupe HTS?

Le groupe HTS s’est d’abord fait connaître sous le nom de Front al-Nosra, à partir de janvier 2012. C’est par ce nom que le pouvoir syrien de Bachar al-Assad et son allié russe continuent de le désigner.

Classé groupe « terroriste » par Washington, l’Union européenne et l’ONU, il a été un prolongement de la branche irakienne d’Al-Qaïda. Son chef, le Syrien Abou Mohammad al-Jolani, a fait ses premières armes en Irak.

En 2013, le groupe a maintenu son allégeance à Al-Qaïda, avant d’annoncer la rupture en juillet 2016, et de se rebaptiser Front Fateh al-Cham. Début 2017, il s’auto-dissout pour devenir la principale composante de HTS.

Le HTS comprend essentiellement des jihadistes syriens. Il compte quelque 30.000 hommes, dont environ 10.000 étrangers, d’après l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Des jihadistes « très bien organisés et rompus au combat », estime l’expert sur la Syrie, Fabrice Balanche.

Selon Charles Lister, analyste au Middle East Institute, les combattants étrangers sont notamment originaires de Jordanie, d’Arabie saoudite, de Tunisie, d’Egypte ou d’Asie centrale.

– Quel pouvoir ?

L’organisation contrôle 60% de la province d’Idleb. Elle y a mis en place une administration civile qui collecte des droits de douane à la frontière avec la Turquie et récolte des impôts auprès des commerçants.

L’influence « de HTS est en grande partie due au fait qu’il contrôle les flux commerciaux entrant et sortant d’Idleb, ce qui aide à financer le groupe et lui confère un pouvoir plus grand que sa taille », estimait au début du mois Nicholas Heras, chercheur au Centre for a New American Security.

Au fur et à mesure que le régime reprenait le terrain perdu dans le pays, les combattants de HTS, présents dans le sud et près de Damas, ont été évacués vers Idleb.

L’organisation a été la cible de frappes russes ou de la coalition antijihadistes emmenée par Washington. Plusieurs hauts commandants ont été tués.

– Quels rapports avec rebelles et EI?

Autrefois allié à d’influents groupes rebelles islamistes -Ahrar al-Cham ou Noureddine al-Zinki-, des combats sanglants ont opposé en 2017 les deux camps dans le cadre de luttes de pouvoir.

Ahrar al-Cham et Noureddine al-Zinki ont annoncé début 2018 leur fusion parrainée par la Turquie. Ils ont rallié en août quatre autres factions rebelles pour former une nouvelle coalition, le Front national de libération (FNL).

HTS a par ailleurs multiplié les raids contre les « cellules dormantes » de son rival, le groupe Etat islamique (EI), qui a revendiqué assassinats et attentats contre dirigeants de l’organisation ces derniers mois.

Les deux groupes jihadistes s’étaient déjà affrontés ailleurs en Syrie.

– Quel avenir?

Le 22 août, M. Jolani a réitéré la détermination du groupe à résister face à une éventuelle offensive de Damas contre Idleb.

La Russie réclame la dissolution de HTS.

Mais la Turquie, qui parraine des groupes rebelles et a désigné HTS comme une organisation « terroriste », a conclu le 17 septembre avec la Moscou un accord qui a permis d’éviter une offensive qui déstabiliserait sa frontière et provoquerait l’afflux de nouveaux réfugiés vers son territoire.

L’accord a commencé à être appliqué avec le retrait par les rebelles et jihadistes, y compris HTS, des armes lourdes de la future « zone démilitarisée » de 15 à 20 km de large, à la date butoir prévue par le texte.

Le HTS ne s’est pas prononcé sur l’accord mais des sources proches de l’organisation ont confirmé le retrait des armes lourdes.

La création d’une « zone démilitarisée » ne prendra forme qu’après le retrait des jihadistes de la zone, qui doit avoir lieu d’ici lundi prochain, selon l’accord.

Syrie Hayat Tahrir al-Cham

Source: AFP

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