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Russiagate: On approche du dénouement, mais que risque Trump?

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Photomontage du président américain, Donald Trump, face au procureur spécial chargé de l'enquête sur la Russie, Robert Mueller. — PHOTOS SIPA / MONTAGE 20 MINUTES

ETATS-UNIS Le procureur spécial Robert Mueller pourrait remettre son rapport dans les prochaines semaines…

C’est un cliché un peu plus vrai chaque jour : on n’a jamais été aussi près de la fin de l’enquête tentaculaire sur la Russie. Mardi, le procureur Robert Mueller n’a pas recommandé de prison contre l’ancien conseiller de Donald Trump, Mike Flynn, saluant son « aide substantielle » qui a permis d’établir « des liens ou une coordination entre le gouvernement russe et des individus associés avec la campagne de Trump ». D’ici vendredi, ce sont l’ancien chef de la campagne de Donald Trump, Paul Manafort, et son ex-avocat Michael Cohen, qui seront fixés.

Selon Politico et Yahoo, Robert Mueller met une touche finale à son grand rapport, qu’il pourrait remettre dans les prochaines semaines au département de la Justice. Avec une inconnue majeure : tout ce qui touche directement à Donald Trump.

Une inculpation très improbable

En 18 mois d’enquête, 33 personnes ont été inculpées aux Etats-Unis et en Russie, et cinq cadres de la campagne de Donald Trump ont plaidé coupables – pour la plupart, d’avoir menti au FBI. Le président américain, lui, a dénoncé une « CHASSE AUX SOCIERES » à plus de 130 reprises sur Twitter.

Quelles que soient les conclusions du rapport de Robert Mueller sur le rôle de Donald Trump, une mise en examen est très improbable. « Les règles du département de la Justice ne permettent pas d’inculper un président. Mueller s’y conformera car passer outre pourrait justifier son limogeage », analyse pour 20 Minutes Paul Rosenzweig, ancien avocat de l’équipe du procureur Kenneth Starr lors de l’affaire Lewinsky.

Pas de preuve directe contre Trump pour l’instant

L’enquête de Robert Mueller sur la Russie semble être concentrée sur quatre axes majeurs :

Plusieurs lieutenants de Donald Trump ont plaidé coupables mais à ce stade, aucun n’a directement impliqué le président américain. Même si l’information du Guardian, qui affirme que son directeur de campagne, Paul Manafort, aurait rencontré en secret le fondateur de WikiLeaks à l’ambassade d’Equateur à Londres, était confirmée, « ce ne serait qu’une preuve circonstancielle », selon Paul Rosenzweig. Seul un élément direct, comme un document (email, SMS, enregistrement) ou un témoignage de Manafort affirmant avoir agi à la demande de Trump, prouverait que le candidat était directement à la tête d’un complot.

Pas de destitution sans le soutien d’une vingtaine de républicains

Robert Mueller va donc remettre son rapport au département de la Justice, qui le communiquera ensuite au Congrès. Trois scénarios sont possibles :

  • Donald Trump en ressort blanchi et se représente en 2020.
  • Le rapport l’épingle suffisamment pour torpiller ses chances, il termine son mandat mais ne se représente pas.
  • Robert Mueller apporte une preuve irréfutable de collusion, et Donald Trump fait face à un impeachment.

La Chambre des représentants, qui sera contrôlée par les démocrates à partir de janvier, dispose du pouvoir de voter un impeachment à la majorité simple. Mais ce n’est que la première moitié du processus. Il est suivi d’un procès au Sénat, et un président doit être condamné à la majorité des deux tiers (67 sénateurs sur 100) pour être destitué. Ce n’est jamais arrivé en près de 250 ans d’histoire américaine – Nixon avait démissionné avant, et Bill Clinton avait été sauvé.

Alors que les républicains ont la majorité au Sénat, il faudrait qu’une vingtaine de sénateurs conservateurs lâchent le président américain. C’est impensable à ce stade. Mais Robert Mueller, qui est réputé pour sa discipline de fer et sa capacité à éviter les fuites, n’a sans doute pas encore dévoilé sa main.

 

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