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Le président américain Donald Trump, le 10 août 2017, depuis son golf à Bedminster dans le New Jersey / © AFP / Nicholas Kamm

Trump: « le feu et la colère » promis à Pyongyang, « peut-être pas assez »

 

Loin d’essayer de faire retomber la fièvre, Donald Trump a redoublé de virulence face à la Corée du Nord en estimant que sa formule « le feu et la colère » promis à Pyongyang n’était « peut-être pas assez dure ».

Mais le secrétaire américain à la Défense Jim Mattis a semblé plus prudent, insistant sur le fait que « l’effort américain est porté par la diplomatie » et mettant en garde contre le scénario « catastrophique » d’un conflit armé.

Accusé par le régime de Kim Jong-Un d’avoir perdu la raison, le président américain a lui défendu sa formule controversée sur « le feu et la colère », estimant qu’elle n’était « peut-être pas assez dure ».

« Il est grand temps que quelqu’un parle haut et fort pour les habitants de notre pays et les habitants d’autres pays », a-t-il déclaré depuis son golf de Bedminster, dans le New Jersey, où il passe des vacances.

Pyongyang a présenté son projet détaillé pour tirer quatre missiles au-dessus du Japon vers le territoire américain de Guam, avant-poste stratégique des forces américaines dans le Pacifique sur la route de l’Asie. Cela constituera « un avertissement crucial aux Etats-Unis », a prévenu la Corée du Nord.

Cette guerre rhétorique autour des programmes balistique et nucléaire de Pyongyang alimente les craintes d’une erreur de calcul qui aurait des conséquences catastrophiques sur la péninsule coréenne et au-delà.

En juillet, le Nord a mené deux tirs réussis de missiles balistiques intercontinentaux (ICBM), mettant une bonne partie du continent américain à sa portée.

– Pékin peut faire ‘beaucoup plus’ –

Interrogé sur d’éventuelles frappes préventives, M. Trump, est resté évasif. « Nous nous préparons à de nombreux scénarios différents », a-t-il dit. « Si la Corée du Nord fait quoi que ce soit – ne serait-ce qu’en songeant à attaquer des gens que nous aimons, ou nos alliés, ou nous-mêmes – ils devront vraiment s’inquiéter ».

L’Australie a apporté vendredi matin son soutien aux Etats-Unis en cas d’attaque nord-coréenne.

La région risque « une mini-crise des missiles cubains », a jugé John Delury, professeur à l’université Yonsei de Séoul. En 1962, l’installation de fusées nucléaires soviétiques à Cuba avait provoqué une surenchère et fait craindre à la planète une guerre atomique.

Réaffirmant que la Chine, principal partenaire économique de Pyongyang, pouvait « faire beaucoup plus » pour mettre la pression sur le régime de Kim Jong-Un, le président américain a affiché sa conviction que les lignes allaient bouger sur ce front. « Ils savent ce que j’en pense. Cela ne va pas continuer comme ça », a-t-il assuré.

Vendredi, un journal officiel chinois a déclaré qu’en cas de conflit entre Washington et Pyongyang, la Chine ne devrait pas intervenir.

Pékin doit « faire clairement savoir que si la Corée du Nord envoie des missiles menaçant le sol américain en premier lieu et que les Etats-Unis réagissent, la Chine restera neutre », a affirmé le quotidien Global Times dans un éditorial.

En Corée du Sud, de plus en plus de voix s’élèvent pour que Séoul développe son propre arsenal nucléaire, compte tenu de la situation. Ainsi, le journal Korea Herald a déclaré dans un éditorial qu' »il est désormais temps de commencer à réexaminer l’armement nucléaire ». Une optique qui rendrait Pyongyang furieux.

– Exercices militaires conjoints –

Les propos incendiaires de M. Trump sont autant « d’absurdités », a déclaré le général Rak-Gyom, commandant des forces balistiques nord-coréennes, cité par l’agence officielle KCNA. « Un dialogue sensé n’est pas possible avec un gars comme ça qui a perdu la raison ».

L’armée nord-coréenne apportera les touches finales à son projet contre Guam d’ici la mi-août et le soumettra pour évaluation au jeune dirigeant nord-coréen, a-t-il ajouté.

Quatre missiles seront tirés simultanément et survoleront les préfectures japonaises de Shimane, Hiroshima et Koichi, a expliqué l’armée.

Les engins « voleront 17 minutes et 45 secondes sur une distance de 3.356,7 km, et s’écraseront en mer à 30 ou 40 km de Guam ». Ils s’abîmeraient ainsi à l’extérieur des eaux territoriales américaines.

Située dans le Pacifique-ouest, à quelque 3.500 km de la Corée du Nord, Guam compte des installations stratégiques américaines – bombardiers lourds à longue portée, chasseurs et sous-marins – qui participent régulièrement à des démonstrations de force sur et près de la péninsule coréenne, à la grande fureur de Pyongyang.

Guam, une île où vivent 162.000 habitants, est également équipé d’un bouclier anti-missiles THAAD.

D’après les analystes, des tirs vers Guam placeraient Washington dans une position délicate: s’il ne tente pas de les intercepter, sa crédibilité en prendrait un coup et Pyongyang se sentirait pousser des ailes pour mener un test d’ICBM grandeur nature.

Les tensions sur la péninsule coréenne tendent à s’aggraver au moment des exercices militaires conjoints entre Séoul et Washington, or les prochains commencent autour du 21 août.

Trump feu colère promis Pyongyang, « peut-être pas assez »

(©AFP / 11 août 2017 13h10)

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