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Edito : Chers confrères, je suis de cœur avec vous

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Le directeur de publication du Journal « Le Pays », Boubacar Yalcoué

 

La presse malienne fait face à d’énormes difficultés. Autrefois confrontée à des menaces extérieures, aujourd’hui elle est fragilisée par ses propres éléments. Le concept ‘’l’homme est un loup pour l’homme’’ se manifeste de manière inquiétante. Des journalistes se combattent pour des raisons de penchants. Divergence de vue, conflit d’intérêt… et finalement certains sont devenus des ennemis. Il suffit que l’un apprenne des choses sur l’autre, séance tenante il en fait un outil propice pour abattre le concerné. Ainsi, tous les canaux entrent dans la danse surtout les réseaux sociaux. Nous avons vécu des cas ces dernières années au moment desquels les journalistes ont failli se bouffer le nez.

Je ne soutiens pas la thèse selon laquelle la presse est intouchable. Il est vrai aussi que notre métier est sensible et nous devrions être durs avec nous-mêmes dans le traitement de l’information. Mais que tout le monde  le comprenne. Nous sommes des humains comme les autres, si nous commettons des fautes, nous mettons à la disposition dela justice,seule instance habilitée à trancher. Et si nous avons tort, la sanctiondoit être à la hauteur de la faute commise.

Ce qui est déplorable dans notre grande famille,c’est le manque de solidarité. C’est le contraire chez les autres. Dans plusieurs domaines, les travailleurs ne lâchent jamais leur collaborateur quelle qu’en soit l’erreur à lui reprochée.

Il est vrai que l’éthique et la déontologie ne sont pas respectées comme il le faut par des journalistes dans l’exercice du métier mais cherchons à comprendre les raisons.La presse est confrontée au manque de formation, de moyens mais le plus gros problème est l’immixtion des politiques qui se cachent derrière certains organes et compte tenu des conditions de vie dérisoiresdes journalistes, ils les utilisent à leur fin.Ce sont ces mêmes politiques qui définissent dans la plus part des cas, la ligne éditoriale au gré de leur position politique contre X. ou Y. Ce sont eux qui maintiennent la presse dans cette situation de prolétaires et adoptent la posture de diviser pour mieux régner tout en se glissant entre les confrères.

Le récent cas d’interpellation des confrères du site Mali Actu.net  m’a beaucoup touché. Ils ont été arrêtés comme des moins que rien et voilà les autorités maliennes s’empressent de faire des communiqués tout en ignorant dans leurs textes l’identité journaliste des hommes interpelés. On peut lire des ‘’individus’’. Quelle maladresse sciemment orchestrée !C’est une manière de diviser davantage la presse. Le journal en ligne a le même titre que la presse écrite, laradio, la télé… Et les conditions à remplir pour être journaliste les (interpellés) remplissent-ils ou pas ? Cela n’est pas leur problème parce que cette affaire, c’est l’arbre qui cache la forêt.

Ce qu’on leur reproche est anti journalistique. Mais ne partons pas vite en besogne. Il y a la présomption d’innocence et ayons d’abord la version des confrères avant de nous aventurer dans des jugements qui n’honorent pas du tout la corporation. Le journaliste qui le fait tout en passant qu’il combat l’anormal, au contraire, il fragilise sa grande famille pour rien.

Sachons raison gardée et ayons en tête que nous avons fait un choix : être journaliste. Cela exige des comportements exemplaires réciproques : que le confrère ait raison ou pas, nous devrons lui être solidaires. Nous ne devrons pas être les premiers à le salir à travers des commentairespeu orthodoxes sur les réseaux sociaux.Soutenons-le. Laissons la justice faire son travail et s’il s’avère vrai qu’ila fauté, la justice tranchera. Quelle qu’en soit la décision de la justice, le soutien de la presse à l’endroit du confrère interpellé doit être sans faille.

Arrêtons de nous humilier devant les autres. Le linge sale se lave en famille. Sachons aussi que le métier de journalisme nous expose à tout. Aujourd’hui c’est un tel mais demain ça peut-être l’autre.L’union s’impose. C’est en cela seulement que nous serons respectés et nous sortirons toujours la tête haute lorsqu’un des nôtres fait face à des problèmes.

Salif Diarra, Aliou Hasseye, Issa Coulibaly, je suis loin de Bamako, mais de cœur avec vous. Si nous existons, tout peut nous arriver et rien ne doit nous surprendre. Nous devrions plutôt être requinqués moralement pour affronter les difficultés. Et chaque faute commise est une expérience. Rassurez-vous. Cette phase passera et nous nous retrouverons pour bâtir cette presse avec des honnêtes gens.

Edito Chers confrères je suis cœur vous

Boubacar Yalkoué

Source: Le Pays

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